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#PostCovidFiction : Et si vous adoptiez un banquier ? MyChiefCashOfficer met à disposition des dirigeants de TPE, PME, artisans ou commerçants indépendants des conseillers bancaires qui (s’)investissent dans leur entreprise.

Rencontre avec Thibaut Gendre, serial startupper et CEO de MyChiefCashOfficer.

« Tout a commencé avec cet article du Monde* en pleine crise Covid annonçant une perte historique de la Société Générale, tout en assurant ne pas vouloir supprimer de postes – pour l’instant. Ça nous a interpellé. La tendance est pourtant clairement à l’allègement des effectifs, avec la digitalisation, les néo-banques à distance. Que vont-ils faire de leur surplus de conseillers ? Nous étions alors en plein montage de dossiers pour mettre en place notre pont aérien de cash, réduire le cash burn pour tenir notre cash runway à 18 mois, le temps de surmonter la crise. Bref avec mes associés le cash c’était la préoccupation numéro 1. Heureusement en tant que startup nous sommes entourés de conseil d’experts, sommes rompus à solliciter les aides, monter les dossiers, même si ce n’est pas notre cœur de business. Finalement on s’estime heureux d’avoir une relation décomplexée avec le monde de la finance – les banquiers, on les connait, on partage même leurs locaux. Mais les petites entreprises, industries familiales, commerces indépendants et artisans de quartier ? En passant par les circuits traditionnels, sans DAF (Directeur Financier), ces structures ne sont pas en mesure de tirer parti de toutes les possibilités de financement. Ils ont classiquement accès à des prêts à travers un système bancaire qui n’est à priori pas habitué à prendre des risques. Et si elles pouvaient adopter un banquier ? Car les banques changent aujourd’hui et s’orientent vers une activité « investment », plus rentable que les taux d’intérêt proches de zéro, mais elles les réservent aux grands comptes, aux opérations de fusion/acquisition et introductions en bourse. MyChiefCashOfficer permet aux banques d’élargir cette cible et d’investir dans le tissu économique des petites entreprises en leur mettant à disposition des professionnels de qualité. Une opération win-win. Aujourd’hui tout le monde est un entrepreneur potentiel et mérite que les acteurs de la banque prennent le risque de s’investir dans leur entreprise. »

MyChiefCashOfficer, c’est du Design Fiction, un parmi de nombreux possibles futurs de la finance. Car les banques doivent se réinventer et la crise du Covid-19 n’est qu’un déclencheur pour dégager le débat. Et vous, comment imaginez-vous un futur souhaitable du secteur bancaire ?

Décryptage par Isabelle Macquart, économiste et directrice associée d’Experience Makers:

Et si, dans le but de soutenir l’économie, les institutions financières avaient obligation de faciliter l’accès au crédit aux entreprises à faible capacité de remboursement ? On pourrait imaginer, par exemple, une réglementation en faveur d’investissements de croissance socialement responsables, prenant en considération toutes les entreprises, même celles dites non solvables – c’est-à-dire une réglementation qui ferait la promotion de la diversité des entreprises tant par leur taille (de l’entrepreneur individuel à la grande entreprise) que par leur secteur d’activité, et ce, afin de promouvoir une croissance équilibrée.

On pourrait imaginer pour que cela soit incitatif pour les organismes financiers, le pourcentage de l’investissement socialement responsable serait corrélé à un accès facilité à de la liquidité de la BCE… Les banques seraient donc dans l’obligation de revoir leur système de notation, en ne se basant pas uniquement sur une capacité de remboursement mais aussi sur l’aspect de l’utilité sociale ou la nécessité que vivent une pluralité d’entreprises. En effet, quoi de mieux pour lutter contre les crises qu’un monde hétérogène, varié, diversifié avec des artisans, des agriculteurs, des freelances, des PME, ETI et des grandes entreprises.

Publié dans: UncategorizedCommentaires fermés sur What if? Et si la banque (s’)investissait dans l’entreprise?